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Faranah : Abou Mara condamné pour trafic de peaux de pythons

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Dans ses conclusions du mercredi 18 avril 2018, le tribunal de première instance(TPI) de Faranah a définitivement rendu son verdict sur l’affaire Ministère Public contre Abou Mara, poursuivi pour détention, circulation et commercialisation de 20 peaux de python Seba, espèce animale partiellement protégée par le code guinéen de faune mais aussi par la Convention de Washington. Le prévenu a écopé un moi est demi de prison ferme.


Pour rappel, le prévenu Abou Mara a été identifié et localisé comme étant un cerveau important du trafic sous-régional des trophées d’espèces animales protégées dans la préfecture de Faranah. Ses clients potentiels seraient des maliens et d’autres complices locaux. Ainsi, le dimanche 1er avril 2018, une équipe d’agents de la police préfectorale, du Corps des Conservateurs de la Nature grâce au soutien technique de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique), le présumé trafiquant avait été pris en flagrant délit de détention, circulation et commercialisation de 20 peaux de python Seba, espèce animale partiellement protégée par le code guinéen de faune mais aussi par la Convention de Washington.

Après deux séances de procès largement suivi par la communauté internationale, des ONG, les partenaires au développement durable et GALF en particulier, le juge a rendu en public son verdict ce mercredi 18 avril 2018. Il a reconnu coupable M. Abou Mara des délits de détention, circulation et commercialisation de 20 peaux de python Seba, espèce animale partiellement protégée. Pour la répression, le prévenu a écopé d’un mois et 15 jours de condamnation ferme et 90.000 GNF d’amende et ordonner la confiscation des 20 peaux de python. Sur l’action civile, M. Abou Mara est sommé de payer un montant d’un million de francs guinéens (1.000.000 GNF) à titre de dommages et intérêts au Ministère de l’Environnement des Eaux et Forêts.

Pour M. Pépé Philippe Kpoghomou, directeur préfectoral des Eaux et Forêts de Faranah, la décion rendue par le tribunal est réconfortante. Puisque, poursuit-il, la Guinée est sur la ligne rouge au niveau de la CITES (Convention internationale sur le commerce des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction).

Quant à M. Mamadou Saidou Deba Barry, coordonnateur du projet GALF, cette décision était prévisible d’autant plus qu’il y a eu un trafic d’influence considérable d’une part et de l’autre, la faible réquisition du procureur lors des audiences précédentes. Pour lui, les deux éléments majeurs ont impacté négativement la décision du juge, qualifiée de non dissuasive.

Pour mémoire, la Guinée a été sanctionnée par la CITES en mars 2013 et présentée comme une plaque tournante de la criminalité faunique en Afrique de l’ouest. Des efforts sont entrain d’être consentis par l’ensemble des acteurs impliqués pour espérer éventuellement la levée de la sanction. Sauf que, de telle faible décision de justice sur des délits de crime faunique vient une fois de plus enfoncer le clou aux yeux de la communauté internationale.

A rappeler que le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime organisé transnational. Il occupe le 4 ème rang du commerce illicite dans le monde, amassant des bénéfices d’environ 20 milliards de dollars chaque année.

Par Fatou Kourouma du projet GALF (Guinée Application de la Loi Faunique)