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Les journalistes guinéens marchent sur Conakry

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Déboussolés par la dernière décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) contre la radio Espace Fm et ‘’le traitement inhumain’’ dont certains de leurs confrères ont été victimes récemment dans les locaux de la gendarmerie No 3 de Matam, les journalistes de la presse publique et privée guinéens ont marché ce mardi 7 novembre, pour protester contre ce qu’ils appellent ‘’les nombreuses atteintes graves à la liberté de la presse’’. C’est une initiative des différentes associations de presse et le syndicat de la presse privée.


"Sans liberté de presse, pas de démocratie, pas d’Etat de droit ! Les commissaires de la HAC dehors ! Nous ne sommes pas des gibiers pour les services de défense et de sécurité !’’, sont entre autres slogans que scandaient les journalistes manifestants. Du Ministère de la Communication en passant par la devanture de la DPJ, Immeuble Mouna Internet, Banque Centrale de la République, Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation jusqu’à la HAC, les manifestants en colère n’ont pas fait de cadeau à la présidente de l’institution en charge de réguler la presse guinéenne. Solidaires aux journalistes dans leur démarche, certains responsables de la société civile guinéenne ont fait le déplacement pour porter main forte à ladite marche. C’est le cas du président conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG), Dr Dansa Kourouma qui a par ailleurs tenu à préciser :


’Nous ne négocierons pas la liberté d’expression et de liberté parce que ça été obtenue après de lourdes sacrifices. La seconde chose est que si la presse est inquiétée, ce n’est pas la presse qu’on vise. C’est les organisations de la société civile d’une manière globale qu’on vise, donc ceux qui défendent les droits des citoyens. Mais comme nous sommes dans la semaine de la citoyenneté, nous demanderons à la presse qui est une partie de notre corps de respecter les principes d’étique et de déontologie. Mais la liberté qui est obtenue, l’espace qui est négocié pour la presse, même un millimètre nous ne concéderons pas. Nous allons nous faire l’obligation de travailler à la satisfaction des citoyens de ce pays sans avoir craindre de représailles et censures. Et nous demanderons aux autorités, qu’ils ont tout à fait intérêt de coopérer avec la presse et de respecter cette presse. Parce que sans la presse, ceux qui dirigent aujourd’hui le pays n’allaient pas être là. C’est la presse qui a montré au moment venu qu’ils ont été victimes d’arbitraire. Le retour de la monnaie, c’était de construire une maison de presse digne de nom pour la presse guinéenne et de créer des opportunités pour la presse pour que les journalistes se développent et se forment. Mais pas pour les muselés. Nous ne sommes pas prêts à l’accepter et nous ne négocierons pas ça…’’


Pour sa part, le président de l’association guinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL), Amadou Tham s’est exprimé en ces termes : ‘’Au temps de Lansana Conté, il a été donné mort plusieurs fois et en ce moment les partis d’opposition les plus virulents avaient des cellules de rumeurs qui préparaient cela. Pourtant, Lansana Conté n’a mis ni opposants en prison pour cela, ni journaliste en prison pour cela. En plus de cela, il y a une juxtaposition de fait très grave puisqu’on continue à brouiller des ondes et continue à suspendre des radios. Donc, il y a vraiment un acharnement et cette marche, c’est pour cela. D’abord, pour mettre fin à tout cela pour que la presse guinéenne retrouve toute sa liberté. Ce régime a trouvé cette presse libre, on veut qu’il parte en la laissant libre. S’il ne peut pas améliorer sa liberté, au moins qu’il ne l’a restreint pas.’’ De son côté, le PDG du groupe HADAFO Médias a mentionné qu’il est grand temps pour la presse de se lever et de défendre les acquis déjà obtenus dans le cadre de la liberté de presse. ‘’Je pense que si on ne se lève pas maintenant, c’est fini pour la presse. C’est maintenant où à jamais qu’il faut se lever pour dire non et dire qu’on a obtenue la liberté de la presse dans les conditions très difficiles…’’


A noter qu’arrivés devant la Haute Autorité de la Communication (HAC), les journalistes, munis de pancartes, ont scandé des slogans hostiles à Martine Condé, présidente de la HAC. Des gendarmes déployés pour la circonstance, ont constitué une ceinture humaine à l’entrée du palais du 25 août, siège de l’institution pour empêcher les marcheurs de d’y entrer.

Avec Mediaguinee