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Gueckedou : Le ministre Marc Yombouno lâché par la jeunesse

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Le ministre du Commerce Marc Yombouno risque de se bruler les ailes, dans son bras de fer avec la jeunesse de la préfecture de Gueckedou, avec laquelle il s’est brouillé, lors de la crise qui a secoué récemment cette partie de la Guinée forestière. Le ministre s’était en effet permis des impertinences vis-à-vis des populations qui réclamaient le départ des secrétaires généraux de la préfecture.


La ville de Gueckedou a retrouvé son calme après des moments de tension consécutifs au différend qui opposait les secrétaires généraux de la préfecture à une bonne frange de la population. Ceux-ci avaient été déclarés persona non grata par les habitants de Gueckédou qui n’avaient pas digéré qu’une perceptrice de taxe journalière de la police communale  se soit fait tabasser par un des enfants  de Fodé Traoré, Secrétaire général chargé des affaires administratives. Le tort de la pauvre dame est de s’être aventurée dans l’échoppe de l’épouse de M. Traoré.


En plus de cette bastonnade de l’agent communal, Sékou Touraman, Secrétaire général chargé de l’administration, venu à la rescousse de son collègue va souffler sur les braises, en tenant des propos outrageants à l’endroit des populations de la cité.  Ce qui aurait choqué les populations, notamment les jeunes et  les femmes qui ont en guise de représailles, exigé le départ des deux Secrétaires généraux de la préfecture.

Faute d’obtenir le départ des deux cadres, la situation s’était envenimée donnant lieu à des manifestations sur fond de tension. Des manifestants s’étaient massés devant la préfecture, avec des pancartes en main, durant des jours. Et selon des témoins joints sur place, le ministre Marc Yombouno, fils du terroir à qui appel avait été fait pour calmer les jeunes gens, n’aurait pas trouvé mieux à proposer, que de dire ‘’laissez-les, quand ils auront faim, ils vont cesser leur sit-in’’.

Cette impertinence du ministre Marc Yombouno aurait vexé bien des gens dans cette cité qui a de plus en plus maille à partir avec les autorités de tutelle.

D’ailleurs, faisant fi des revendications, le gouvernement  avait fini par opter pour la manière forte, en déployant des contingents des forces de sécurité dans la ville de Gueckedou. Face à cette militarisation de la ville, 18 des jeunes qui figuraient sur la liste noire des autorités, sont entrés en clandestinité.

Aux dernières nouvelles, la chasse à l’homme avait  pris fin, grâce à la médiation des sages de  Gueckédou. Quant au ministre, par son attitude durant la crise, il se serait aliéné les populations de sa préfecture d’origine.

A cette allure, le ministre du Commerce risque de se bruler les ailes, quand on sait que son maroquin il le doit bien au « vote communautaire ». C’est du moins ce qui se dit dans certains cabarets de la ville.

L’Indépendant (Guinée)