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Sierra Leone: un criminel de guerre libéré après avoir purgé sa peine

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Freetown - Un ex-chef de milice sierra-léonais condamné à quinze ans de prison pour crimes de guerre commis entre 1991 et 2001, pendant la guerre civile, a purgé sa peine et va être libéré, a annoncé lundi le Tribunal spécial résiduel pour la Sierra Leone (TSSL).


"Le TSSL a franchi une étape importante avec la libération plus tard aujourd'hui (lundi) de la première personne condamnée pour crimes de guerre à avoir terminé de purger sa peine", a déclaré le tribunal dans un communiqué.

En Sierra Leone, la guerre civile (mars 1991-janvier 2002) a été marquée par les atrocités commises par les combattants, souvent drogués, contre la population civile. Il y a eu 120.000 morts et des milliers de civils mutilés.

Moinina Fofana était un membre éminent de la milice pro-gouvernementale qui a commis de nombreuses exactions contre les civils.

Après son inculpation en 2003, le procès de M. Fofana s'était ouvert en 2004. Reconnu coupable de crimes de guerre, il avait été condamné en première instance en 2007 à six ans de prison, puis en appel en 2008 à quinze ans.

Elargi en mars 2015, avant la fin de sa peine, il avait été arrêté un an plus tard pour non-respect des conditions de cette libération anticipée, l'interdiction d'entrer en contact avec des témoins ou faire de la politique.

M. Fofana a passé près de 12 ans en prison au Rwanda, en vertu d'un arrangement exceptionnel, avant de bénéficier de cette libération conditionnelle anticipée. Depuis lors, il a purgé le reste de sa peine à Bo, dans le sud de la Sierra Leone.

Pour Emmanuel Saffa Abdulai, avocat spécialiste des droits de l'homme, la libération de M. Fofana "montre l'impartialité du système de justice internationale pour faire respecter la primauté du droit et les droits fondamentaux de l'homme des personnes".

"Le tribunal spécial a aidé à mettre fin à la culture de l'impunité en Sierra leone", a-t-il ajouté.

Jusu Jaka, amputé lors de la guerre civile, a exprimé son soulagement: "Nous, les victimes de la guerre en Sierra Leone, sommes très heureux de voir que justice est faite contre les auteurs".

"Je suis heureux qu'il ait purgé sa peine pour avoir commis des crimes pendant la guerre car cela servira d'exemple pour les autres", a confié à l'AFP Joseph Kamara, qui avait cinq ans lorsque la guerre a éclaté.

Sept autres personnes condamnées par le TSSL continuent de purger des peines allant de 20 à 52 ans de prison.

Le TSSL a été créé en 2002 pour juger les responsables d'exactions commises au cours de la guerre civile en Sierra Leone.

Le plus célèbre accusé du TSSL, situé à La Haye, est Charles Taylor, le premier ancien chef d'Etat africain jugé pour crimes contre l'humanité par une juridiction internationale.

L'ancien président libérien a été condamné en 2012 à cinquante ans de prison pour des crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis durant le conflit en Sierra Leone voisine, verdict confirmé en appel en septembre 2013.

AFP