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Mines / Bauxite : les députés mettent un carton jaune à Alliance Mining Commodities

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Les députés guinéens ont exprimé mardi leur ras-le-bol contre Alliance Mining Commodities (AMC). Exaspérés de voir la compagnie minière reporter sans cesse le délai de démarrage de sa production, les élus ont prévenu qu'ils rejetteraient très prochainement tout autre avenant formulé par cet investisseur qu'ils soupçonnent de geler délibérément son projet.

 

C'est au cours d'une plénière consacrée, en partie, à l'adoption du second avenant à la Convention d'AMC que les parlementaires se sont faits voix hier.

 

Ils ont clairement invité le gouvernement guinéen a ne plus leur transmettre un nouvel avenant de cette société tant que le démarrage de la production commerciale de bauxite sur le site de Koumbia, dans Gaoual, au nord-ouest de la Guinée, n'est pas effectif. D'autres ont même appelé à la résiliation pure et simple de la convention en cas de nouveau report du délai de production.

 

Fait très rare, au cours de cette plénière, élus de l'alliance au pouvoir  et ceux de l'opposition étaient unanimes. Ils ont tous dit leur déception vis-à-vis de la compagnie. Pour eux, la société a toujours fait prévaloir des arguments subjectifs comme Ebola, la chute des cours des matières premières et des questions institutionnelles,  pour faire retarder les échéances de production.

 

"Nous n'accepterons pas un avenant tant que la production n'a pas démarré", a même dit le président de l'alliance RPG Arc-en-ciel Amadou Damaro Camara.

 

Ces critiques n'ont toutefois pas empêché les députés du Palais du peuple d'adopter l'Avenant N°2 à la convention signée en 2010 entre l'Etat guinéen et Alliance Mining Commodities Ltd.

 

Cet avenant prévoit l'exploitation de 300 millions de tonnes de bauxite et un investissement de 120 millions USD dans la construction d'une route de 120 km et la réalisation d'une zone portuaire au cours de la première phase du projet. Ce qui va permettre l'exportation de 4 millions de tonnes de bauxite par an pendant cinq ans.


La convention amendée stipule en ouvre que la production devrait commencer en 2019. Et que le projet prévoit dans sa seconde phase,  la construction d'un chemin de fer long de 126 km et des investissements de 550 millions USD pour produire 10 millions de tonnes de bauxite par an.


Elle prévoit enfin dans la troisième phase, des études de faisabilité pour la construction d'une raffinerie d'alumine au plus tard à la 10è année après le début de la production.

 

Par O. Elie Camara