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A l’Élysée, Alpha Condé revendique une Afrique majeure et responsable

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Droit dans ses bottes, le président Alpha Condé a réitéré à son homologue français mardi 11 avril, à l’Élysée, sa volonté de voir une Afrique majeure qui prend son destin en main. Décryptage.

 

Pour sa visite d'Etat en France, la dernière de l'ère Hollande, le président de Guinée, Alpha Condé, s'est voulu on ne peut plus clair.

 

L'Afrique doit prendre ses responsabilités vis-à-vis de l'occident. Elle doit prendre son destin en main. Et les pays occidentaux à leur tour doivent œuvrer à la réussite de cette démarche.

 

Cette prise de position quelque peu "syndicaliste" du président Alpha Condé va en droite ligne avec celle affichée fin mars à Abidjan, lors de la conférence internationale sur l'émergence de l'Afrique, quand il invitait les africains à "couper le cordon ombilical avec l'ancienne puissance coloniale".

 

"La Guinée en marche"

 

Comme à l'accoutumée, Alpha Condé a d'abord tenu à vanter son bilan. Un bilan caractérisé par le retour de la Guinée dans le concert des nations, le rétablissement de liens de coopération entre son pays et la France.

 

"Pour les Guinéens voir le drapeau guinéen flotter sur les Champs-Élysées, c'est quand même un symbole extrêmement important", a-t-il introduit.

 

Il a ensuite fait un bref détour par l'histoire. Mais surtout ses conséquences sur le processus de développement économique de la Guinée.

 

"Je disais la fois passée à Abidjan que parmi toutes les anciennes colonies françaises, c'est la Guinée qui avait le plus d'avenir tant sur le plan agricole que sur le plan du développement industriel. Donc on doit se poser la question pourquoi la Guinée n'a pas répondu à cette histoire ?", a-t-il ajouté lors de la conférence de la presse sous le regard discret de François Hollande.

 

Pour le président guinéen, si son pays a raté son décollage économique pourtant bien amorcé avant les indépendances à cause des "péripéties de l'histoire", elle est cependant en bonne voie pour se rattraper.

 

"Depuis quelques années la Guinée a repris sa marche en avant. J'ai toujours compté sur mon ami François avant qu'il ne soit président. Quand il était à la tête du parti socialiste, l'Internationale socialiste nous a beaucoup accompagnés. Sa présidence a beaucoup renforcé et surtout les africains sont très reconnaissants au président Hollande pour tout ce qu'il a fait pour l'Afrique; Parce qu'il a montré qu'il n'avait pas un agenda personnel".

 

"L'Afrique veut coopérer mais..."

 

Sous le regard parfois stupéfait de François Hollande, Alpha Condé a continué son analyse sur le devenir de l'Afrique en réaffirmant différemment ses propos tenus à Abidjan.

 

Le président en exercice de l'Union africaine a réitéré son souhait que le problème africain soit résolu par les africains. Une position qu'il croit partager avec son homologue français.


"Aujourd'hui nous sommes déterminés. Nous voulons coopérer avec les autres pays, mais en tant que pays majeurs. C'est à dire une coopération État - État avec des intérêts réciproques".

 

Il a invité la communauté internationale à laisser le continent africain tracer son propre chemin.

 

"Il faut qu'on accepte que l'Afrique définisse sa voie pour le développement et sa voie démocratique. Bien sûr il y a des principes universels de la démocratie. Mais il faut qu'on cesse de prendre l'Afrique comme un seul État . Que les ONG ne continuent pas à penser que ce sont elle qui doivent décider à notre place".


Enfin, le président Condé a insisté sur le fait que l'Union africaine décide de prendre ses responsabilités en engageant de multiples réformes dont celui relatif à son propre financement.

 

"Nous parlons d'une seule voix", a-t-il signifié, en citant les dossiers comme l'immigration, l'énergie renouvelable, le terrorisme.

 

Par Kaloumpresse